Entre Muchedent et Saint-Hellier, en Seine-Maritime, se joue un drame silencieux chaque printemps. Des milliers d’amphibiens — crapauds communs, grenouilles, tritons palmés — quittent leur gîte forestier pour rejoindre les zones humides où ils se reproduisent. Leur chemin traverse une route départementale, et pendant plusieurs mois, de jour comme de nuit, ces animaux se font écraser en grand nombre par la circulation. Ce phénomène met en péril non seulement leur survie, mais également l’équilibre d’un écosystème fragile.
Pourquoi agir ?
- La vallée de la Varenne est classée ZNIEFF de type 1 — un site d’intérêt écologique, faunistique et floristique — et désignée zone humide remarquable dans le Schéma régional de cohérence écologique.
- Le cours d’eau de La Varenne, en aval, est un site Natura 2000, ce qui souligne l’importance de préserver ses affluents et zones humides.
- Ces migrations sont vitales pour les amphibiens : sans elles, les populations de grenouilles, crapauds et tritons risquent un déclin rapide, déjà exacerbé par la destruction des habitats, la pollution et le changement climatique.
La solution proposée : les crapauducs
L’idée est simple, mais décisive : permettre aux amphibiens de passer sous la route. Concrètement, il s’agit de mettre en place des crapauducs (tuyaux d’environ 200 mm de diamètre) sur quatre zones stratégiques qui ont été identifiées pendant les pics migratoires. Il s’agit donc d’un dispositif permanent capable de guider les animaux et éviter les drames routiers sur un linéaire de 3000 mètres.
En attendant que ces ces infrastructures soient en place, l’association organise des chantiers nature participatifs permettant la pose de barrières, seaux, bâches — des gestes modestes mais qui, en 2024, ont permis à environ 1 000 amphibiens d’atteindre les zones de reproduction.
Un projet porté collectivement
Le projet ne pourrait pas exister sans un engagement local fort, ainsi :
- L’association Muchedent au Naturel fédère les habitants, les collectivités, les médias régionaux, etc., pour sensibiliser et mobiliser autour de la biodiversité.
- Un écologue assure le suivi opérationnel ; des experts en flore et faune valident les aspects techniques et environnementaux via le CPIE de l’Eure et d’autres instances compétentes.
- Le département lui-même, par l’intermédiaire des services voirie, hydraulique et environnement, approuve le projet.
Où en est le financement ?
- Montant total estimé : 30 000 € pour le dispositif permanent couvrant les zones sensibles.
- Au 11 septembre 2025 : 8 825 € ont été réunis, dont environ 3 825 € via les dons de particuliers, le reste par mécénat et subventions.
- Il reste 664 jours pour atteindre l’objectif.
Pourquoi donner aujourd’hui ?
Parce que chaque action compte. On ne parle pas ici de confort ou d’agrément, mais de la survie d’une population d’amphibiens. ce projet permet ainsi de :
- Protéger une biodiversité locale menacée, qui fait partie intégrante de notre patrimoine naturel.
- Agir concrètement : les crapauducs, une fois installés, sauveront potentiellement 30 000 amphibiens par an du drame routier. Fondation du Patrimoine
- Sensibiliser les générations futures, encourager d’autres initiatives similaires et montrer que la protection de la nature se fait aussi à l’échelle de nos routes, de nos talus, de nos vallées.